le témoignage d'une infirmière (ADELINE) face à un décès ...
"Je trouve que c'est 1 sujet difficile à aborder.
Et à mon avis rien ne remplace le vécu face à 1 décès par rapport à des cours. Et ce qui est difficile, c'est que chaque décès est différent, et même si celui ci est attendu, il est toujours dur à accepter même si c'est certainement la meilleure chose et qu'on le sait très bien au fond de son coeur!
Mon gros problème face à la mort c'est que j'avais souvent tendance à penser aux gens qui m'entourent et me dire que ca aurait pu être eux!
Mais j'ai appris à prendre mes distances par rapport à ça.
Et je voulais ajouter que le fait de pouvoir en parler avec son équipe, c'est super important et ça permet d'avancer face à cette dure réalité qu'est la mort.
J'ai été confrontée à 1 décès brutal, le jour de mes 25 ans, d'un homme de 50 ans qui se trouvait dans notre service de soins intensifs depuis 15jours et qui devait ce même jour retourner en service de médecine 2 ou 3jours avant de pouvoir enfin rentrer chez lui.
Je m'étais beaucoup attachée à lui et j'étais heureuse de son départ, mais vers 13h, il a fait 1 arrêt cardiaque et je fus la première à intervenir. Le reste de l'équipe m'a suivi et on a commencé 1 réa mais en vain. Jusqu'au bout j'ai fais face, massé au départ puis on m'a repris et je l'ai ballonné, en ayant qu'1 seule idée en tête: le sauver! Mais quand le médecin nous a demandé de tout stopper car tout était fini, c'est là que je me suis effondrée! J'ai quitté la chambre en pleure avec dans la tête l'impression que je n'avais pas su agir correctement au départ, que je n'avais pas du faire ce qu'il fallait, et là, heureusement que l'équipe était présente. J'ai pu exprimé ma colère et eux ont su trouver les mots pour me réconforter.
Je crois donc que lorsque qu'on choisi de travailler dans le médical, il faut accepter de ne pas pouvoir sauver tout le monde et que la mort fait partie intégrante de la vie."
Adeline a 26 ans et il y a quelques mois elle a quitté la Bourgogne
pour s'installer à Epernay dans la Marne afin d'y suivre son ami.
Elle a obtenu son diplôme d'IDE en novembre 2004 et elle travaille
actuellement en salle de réveil.Mais avant de rentrer en école d'inf, elle a travaillé 2 ans en tant
qu'AP en service de maternité et surtout en service de néonatologie.
Elle a obtenu son DPAP en octobre 99 dans 1 école près de Dijon.
Mais elle a pour projet de passer le concours d'IDE puéricultrice (en
2007 si possible) afin de pouvoir retravailler en pédiatrie et se
sentir de nouveau vraiment épanouie dans son métier, tout comme elle
l'étais en tant qu'AP.
Elle travaille à la clinique de Chalons en Champagne en tant qu'infirmière.
"j'adore mon métier mais les enfants me manquent beaucoup. J'ai hate de pouvoir retravailler en pédiatrie pour retrouver mon élément.
Tout ce que je peux dire par rapport à notre métier c'est qu'il ne faut pas tomber dans la routine et ne pas hésiter à se remettre en question car c'est le piège de notre profession! Nous avons des êtres humains entre les mains, il est donc important de les considérer comme tels et de savoir se mettre à leur place pour éviter des paroles ou des gestes déplacés!
Je vois et j'ai telment vu de personnes blasées par le métier, que ca me fait peur."
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